Afficher un score en direct sur un écran est le genre de problème qui paraît réglé jusqu’à ce qu’on soit dans la salle, vingt minutes avant le début, avec une télévision qui coupe les bords de l’image et qui s’éteint toutes les dix minutes.

Il y a quatre façons de faire, et trois réglages qui expliquent la quasi-totalité des échecs. Voici les unes et les autres, du cas le plus simple au plus capricieux.

Les quatre façons de mettre un tableau sur un écran

1. Le navigateur intégré du téléviseur

C’est la voie la plus courte quand elle est disponible : vous tapez une adresse, la page s’ouvre, rien d’autre n’est branché.

Elle dépend entièrement de la marque. Les téléviseurs Samsung récents embarquent un navigateur (« Internet »), ceux de LG aussi (« Navigateur Web »). En revanche, les téléviseurs sous Android TV ou Google TV n’ont pas de navigateur préinstallé : il faut en installer un depuis leur magasin d’applications, ce qui n’est pas toujours possible sur un écran qui ne vous appartient pas.

Le vrai obstacle est ailleurs : saisir une adresse à la télécommande. Un tableau des scores dont l’adresse tient en quatre caractères se tape en dix secondes ; une URL complète avec des tirets se tape en trois minutes et deux fautes de frappe.

Le bon cas : votre propre télévision, récente, et une adresse courte.

2. Un appareil déjà branché en HDMI

Box d’opérateur, clé de streaming, console de jeu, mini-ordinateur : tout ce qui sait ouvrir une page web et qui est déjà relié à l’écran fait l’affaire. Une clé Amazon Fire TV a son navigateur (Silk), une console de salon en a un, et un boîtier Android en accepte un.

C’est souvent plus rapide que le navigateur intégré d’un téléviseur ancien, dont le moteur de rendu date de la même année que l’appareil.

Le bon cas : une télévision de plus de cinq ans, avec un boîtier récent déjà installé dessus.

3. Un ordinateur portable en HDMI

C’est la méthode la plus fiable, et la seule vraiment universelle — c’est aussi la seule qui marche avec un vidéoprojecteur de salle des fêtes.

Trois précautions qui changent tout :

  • Passez l’affichage en mode étendu, pas en recopie. En recopie, la page occupe l’écran de l’ordinateur, et vous ne pouvez plus rien faire d’autre. En mode étendu, vous poussez la fenêtre sur le second écran, vous la passez en plein écran, et l’ordinateur reste utilisable.
  • Coupez la mise en veille de l’ordinateur, pas seulement celle de l’écran. Un portable qui se met en veille éteint aussi la sortie HDMI.
  • Rangez l’ordinateur derrière l’écran une fois la page ouverte. Il n’y a plus aucune raison d’y toucher, et un ordinateur posé sur une table est un ordinateur que quelqu’un finira par refermer.

Le bon cas : tous les autres, et systématiquement pour un vidéoprojecteur.

4. La diffusion depuis un téléphone ou un ordinateur

Elle est tentante et c’est celle qui déçoit le plus. Depuis un ordinateur, Chrome sait diffuser un onglet vers un Chromecast, et un Mac sait recopier son écran vers une Apple TV via AirPlay : les deux fonctionnent, mais la qualité dépend du wifi de la salle, et le flux tombe quand l’appareil source s’endort ou change de réseau.

Depuis un téléphone, c’est pire encore : votre téléphone est aussi ce avec quoi vous comptez les points. Un appareil ne peut pas être à la fois la télécommande et l’écran.

Le bon cas : un dépannage, jamais un plan A pour une soirée qui compte.

Les trois réglages qui gâchent tout

Le recadrage automatique de l’image

Beaucoup de téléviseurs rognent quelques pour cent des bords de l’image reçue en HDMI. C’est un héritage de la télévision analogique, et cela se voit immédiatement sur un tableau des scores : la dernière ligne du classement est coupée, ou le nom de l’équipe en tête déborde.

Le réglage se trouve dans les paramètres d’image, sous un nom différent selon la marque : « Ajuster à l’écran », « Just Scan », « Format 1:1 », « Taille de l’image ». Cherchez-le avant la soirée, pas pendant.

La mise en veille et l’économiseur d’écran

Un téléviseur qui ne reçoit aucune commande pendant vingt minutes considère souvent que personne ne regarde. Certaines pages web peuvent demander au navigateur de garder l’écran allumé, mais cette demande n’est pas toujours honorée par les navigateurs de téléviseurs.

La solution fiable est du côté de l’appareil : désactivez la mise en veille automatique et l’économiseur d’écran dans ses réglages, exactement comme on le ferait pour laisser tourner un diaporama. Sur les modèles récents, regardez aussi le mode « Éco », qui baisse la luminosité au bout de quelques minutes d’image fixe.

La taille des chiffres

Un ordre de grandeur simple : pour être lu confortablement à dix mètres, un chiffre doit faire environ cinq centimètres de haut. Sur un téléviseur de 40 pouces, dont la hauteur d’image avoisine cinquante centimètres, cela veut dire que les scores doivent occuper au moins un dixième de la hauteur de l’écran.

C’est ce qui condamne l’usage d’un tableur projeté : ses lignes sont calibrées pour être lues à soixante centimètres. Agrandir la police règle le problème sur trois équipes et le déplace sur huit, parce que les colonnes ne tiennent plus.

Le test qui ne trompe pas : allez vous asseoir à la place la plus éloignée de la salle, avec l’éclairage tel qu’il sera pendant la soirée. Si vous devez plisser les yeux, votre public aussi.

Ce que nous avons choisi de faire

L’écran d’affichage de Scorofun est une page web autonome, ouverte avec une adresse de quatre caractères. Il n’y a rien à installer sur la télévision, rien à appairer, et rien à mettre à jour.

Ce que cela règle concrètement :

  • Les tailles sont exprimées en fraction de la hauteur d’écran, jamais en pixels fixes. Le classement occupe la même place sur un vieux 32 pouces que sur un vidéoprojecteur de gymnase, et la densité s’adapte au nombre d’équipes au lieu d’écrire de plus en plus petit.
  • La marge de sécurité est réglable au clavier si votre téléviseur rogne encore quelque chose, et le réglage est mémorisé pour la fois suivante.
  • La connexion se dégrade au lieu de tomber : la page tente une connexion temps réel, puis un flux d’événements, puis un simple rafraîchissement périodique. Les navigateurs de téléviseurs qui refusent les WebSockets continuent d’afficher un classement à jour, avec quelques secondes de retard au pire.
  • Une coupure réseau n’affiche jamais une page d’erreur. Le dernier classement reçu reste à l’écran avec une mention discrète. Personne ne devrait avoir à regarder une page blanche devant deux cents personnes.

Ce n’est pas une diffusion : nous n’utilisons ni le protocole Chromecast ni AirPlay. C’est un choix, et il découle de tout ce qui précède — une page ouverte sur l’appareil branché à l’écran ne dépend d’aucun appairage et survit à un téléphone qui s’endort.

La checklist des vingt minutes avant

Écran allumé et sur la bonne entrée HDMI, recadrage désactivé, mise en veille coupée, page de scores ouverte en plein écran, un point de test ajouté depuis votre téléphone pour vérifier que l’écran suit, et un aller-retour au fond de la salle pour lire le classement. Six vérifications, cinq minutes — et la seule différence entre une soirée qui roule et une soirée passée à bricoler un câble. Le reste, c’est-à-dire la façon de compter, est traité dans notre comparatif des méthodes de comptage des points.